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L'échoppe bordelaise

Comme partout, la diversité typologique des maisons est principalement liée à leur histoire, l'agriculture et le niveau social des habitants. En Gironde, la « maison de maître », avec ses murs en pierres, sa façade ordonnée et sa toiture 2 ou 4 pans, porte aussi le nom de maison « Girondine ». À ne pas confondre avec l’échoppe ! Succédant à l’échoppe en bois des artisans et des commerçants à l’aube de la révolution industrielle, la traditionnelle échoppe bordelaise en pierre de taille devient alors un habitat social avec jardin, réservé à la population ouvrière. La pierre calcaire de Frontenac et Bourg a ainsi donné sa couleur blonde à Bordeaux. Au profit des façades de Tourny, les dernières échoppes verront le jour en 1939. Alignées les unes aux autres à fleur de rue, elles demeurent aujourd’hui un habitat de ville très prisé.

Soulac, la Ville aux 500 villas

Celle que l’on finira par surnommer la « Ville aux 500 villas » devient à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, une station balnéaire à la mode. À Soulac, le chantier de désensablement de la basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, classée à l’UNESCO le 20 juillet 1891, va largement contribuer au développement de la ville à la façon d’une cité-jardin. La pierre calcaire étant rare en Médoc, la brique de production locale a été rapidement adoptée pour la construction de ces villas très ornementées, flanquées de pignons, galeries et vérandas. Typique de cette architecture de bord de mer, la « soulacaise » se décline dans les tons de blanc et rouge orangé, soutenus par le vert de la végétation.

Les perles du bassin d’Arcachon

Valeur paysagère incontestable du bassin d’Arcachon, pour la plupart inscrits à l’inventaire des sites classés, les villages ostréicoles avec leurs 500 cabanes en rangs serrés font l’histoire, le décor et le charme. Au XIXe siècle, pour éviter les pillages de leurs concessions situées au nord de l’Ile aux Oiseaux, les ostréiculteurs, essentiellement originaires de Gujan-Mestras et de La Teste, aménagent des cabanes ou s’installent dans de vieilles embarcations échouées. Ainsi naissent les villages des Jacquets, du Canon, de Piraillan ou de l’Herbe au Cap Ferret. Alignées à 2 mètres les unes des autres, les cabanes ostréicoles sont traditionnellement construites avec le bois de la forêt usagère de La Teste.

Les arcachonnaises de le Ville d’hiver

Haut lieu de villégiature de la bourgeoisie de la IIIe République, Arcachon est d’abord une station de cure très prisée. Afin de rentabiliser l’arrivée de la ligne de chemin de fer en 1857, Émile Pereire, cousin du Docteur Pereira et proche de Napoléon III, lance le programme immobilier de la Ville d’hiver pour loger les malades, leurs familles et leurs domestiques. En charge du plan général, l’architecte Paul Regnault va s’entourer du jeune Gustave Eiffel. Protégée au titre des sites inscrits le 18 septembre 1985, la Ville d’Hiver est un véritable paradis d’architecture et de fantaisie. De style néo-classique, néogothique, mauresque ou inspirées du chalet suisse ou de la maison coloniale, les villas arcachonnaises des années 1870-1900 jouent plutôt la carte du monumentalisme. Plus ostentatoires les unes que les autres, leurs silhouettes se caractérisent par l’asymétrie et la verticalité.

Art nouveau ou Art déco ?

Mouvement artistique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, s'appuyant sur l'esthétique des lignes courbes, l'Art nouveau s’est peu développé en Gironde. Inspiré du cubisme, en réaction à l’Art nouveau, le mouvement Art déco des années folles se manifeste davantage sur le décor des façades. À Bordeaux, les abords du parc Lescure constituent l'ensemble le plus homogène et le plus représentatif du style Art déco.

Le Corbusier en Gironde

Le 17 juillet 2016, l’œuvre architecturale de Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier (1887-1965), a été inscrite par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial au titre de « contribution exceptionnelle au mouvement Moderne ». La Gironde possède deux réalisations du célèbre architecte et urbaniste. Possédant une raffinerie de sucre à Bordeaux et une scierie à Lège Cap Ferret, l’industriel Henri Frugès commanda en 1923 à Le Corbusier, une cité ouvrière pour loger son personnel. Adoptant le plan libre et la fenêtre en longueur, deux fondements chers au cœur de l’architecte, Le Corbusier réalise à Lège, un ensemble de six maisons. La volumétrie simple, les murs blancs et les toits-terrasses concèdent à chaque bloc un aspect méditerranéen qui valut à la cité le nom de « quartier marocain ». Esquissé à Lège comme une cité-jardin, le programme des « Quartiers Modernes Frugès » à Pessac, est guidé par les principes de la construction industrielle. La Cité Frugès regroupe 51 maisons.

La Girolle, résidence de vacances nature

Signature de l’équipe d’architectes bordelais Salier-Courtois-Lajus-Sadirac, la Girolle voit le jour au milieu des années 60 ; une époque qui marque le nouvel essor des résidences secondaires sur le littoral et le bassin d’Arcachon. En synergie avec la nature, cette maison préfabriquée en ossature bois fait le bonheur des commanditaires aux budgets modestes. Largement ouverte sur l’extérieur, celle qui a été conçue pour être une résidence secondaire va finir par pousser sur le territoire comme une résidence principale. Pointé du doigt pour ses défauts d’isolation en 1974 au moment de la première crise énergétique, le concept de la Girolle perdure aujourd’hui.

Le paysage landais en Gironde

La forêt des Landes (appelée Landes de Gascogne et autrefois Landes de Bordeaux) couvrant une partie du territoire, la maison rurale du Sud Gironde est appelée « maison landaise ». Typiquement landais, l’airial – terrain couvert de pelouse et planté de quelques chênes ou pins parasols – conserve le témoignage d’une vie ancienne aujourd’hui disparue. Comme une clairière dans la forêt, l’airial est un petit domaine qui réunit un ensemble de constructions jadis utilisées pour l’activité agricole. De grande taille, la maison de maître profite du meilleur emplacement. Soutenue par un ou deux hauts poteaux, l’avancée de toiture en forme d’auvent est un des marqueurs de la maison landaise. On se laisse surprendre au fil des routes… Aussi, par les « maisons antillaises » qui ont fleuri le long du littoral. Fantaisie décorative ou héritage du passé, elles témoigneraient de la colonisation des Landes au milieu du XIXe siècle et se caractérisent par des auvents soutenus par des piliers en fonte.